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Réadaptation cardio-respiratoire

Rééducation cardio-respiratoire

Respirer mieux, désencombrer, retrouver l’endurance : techniques de kinésithérapie respiratoire et réentraînement à l’effort.

Comprendre

Comment respire-t-on ?

🫁

Ventilation

L’air passe par les voies aériennes jusqu’aux alvéoles, grâce au diaphragme et aux muscles respiratoires.

🩸

Échanges gazeux

L’oxygène passe dans le sang et le gaz carbonique est évacué au niveau des alvéoles.

🌿

Clairance du mucus

Les cils et le mucus piègent les poussières et les microbes, puis sont évacués par la toux.

🫀

Lien avec le cœur

Poumons et cœur travaillent ensemble : un effort respiratoire sollicite la circulation.

Voies proximalesToux, AFE rapideVoies moyennesAFE lent, ELTGOLVoies distalesDA, EDIC, ELTGOLAlvéoles
L’arbre bronchiqueChaque technique agit sur un niveau de l’arbre bronchique.
Sans appuila bronche s’affaisseAvec PEP / lèvres pincéesla bronche reste ouverte
Garder les bronches ouvertesPression expiratoire positive et lèvres pincées.
Les syndromes

Obstructif, restrictif ou encombré ?

🌬️

Syndrome obstructif

L’air a du mal à sortir : bronches rétrécies (asthme, BPCO, emphysème). Le VEMS est abaissé.

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Syndrome restrictif

Les poumons se remplissent mal : volumes réduits (fibrose, cage thoracique rigide).

🟡

Encombrement bronchique

Excès de sécrétions : bronchite chronique, dilatation des bronches, mucoviscidose.

NormalObstructifRestrictifVolumeDébit
Courbes débit-volumeL’obstructif a une courbe creusée, le restrictif une courbe étroite.
Alvéoles sainspetits, élastiquesEmphysèmeparois détruites, air piégé
L’emphysèmeLes alvéoles détruites piègent l’air.
Bouchon muqueuxAtélectasie : zone affaisséePneumothorax : air dans la plèvreAir
CollapsusAtélectasie par bouchon, ou pneumothorax par air pleural.
Les pathologies

Les pathologies respiratoires en détail

BPCO

De quoi s’agit-il : Rétrécissement chronique des bronches, peu réversible, surtout lié au tabac. Regroupe la bronchite chronique et l’emphysème. La spirométrie montre un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,70.

Signes : Toux et expectorations chroniques, essoufflement à l’effort, sifflements, exacerbations.

Rôle du kiné : Désencombrement (ELTGOL, AFE, PEP), ventilation dirigée, lèvres pincées, réentraînement à l’effort, éducation thérapeutique.

Emphysème

De quoi s’agit-il : Destruction des parois des alvéoles : le poumon perd son élasticité, l’air reste piégé et le thorax se distend (« en tonneau »). Les petites bronches s’affaissent à l’expiration.

Signes : Dyspnée croissante, expiration prolongée, lèvres pincées spontanées, thorax distendu, fatigue.

Rôle du kiné : Lèvres pincées, respiration diaphragmatique, économie d’énergie, réentraînement progressif, éviter les expirations forcées violentes.

Bronchite chronique

De quoi s’agit-il : Inflammation chronique des bronches avec hypersécrétion de mucus : toux productive plus de 3 mois par an pendant 2 ans consécutifs.

Signes : Toux grasse du matin, expectorations, gêne respiratoire, infections fréquentes.

Rôle du kiné : Techniques de désencombrement, hydratation, arrêt du tabac, activité physique.

Asthme

De quoi s’agit-il : Inflammation chronique des bronches avec hyperréactivité : les bronches se resserrent par crises, de façon réversible. L’asthme d’effort concerne aussi les sportifs.

Signes : Sifflements, toux, oppression thoracique, crises nocturnes ou à l’effort.

Rôle du kiné : Éducation, contrôle de la respiration, relaxation, réentraînement progressif. Pas de drainage pendant une crise.

Dilatation des bronches

De quoi s’agit-il : Bronches dilatées de façon permanente où les sécrétions stagnent et s’infectent.

Signes : Toux grasse quotidienne, expectorations abondantes, infections à répétition.

Rôle du kiné : Drainage autogène, ELTGOL, PEP, séances régulières.

Mucoviscidose

De quoi s’agit-il : Maladie génétique (gène CFTR) : le mucus est épais et obstrue les bronches. Atteinte aussi digestive.

Signes : Toux, infections pulmonaires, essoufflement, sécrétions épaisses.

Rôle du kiné : Désencombrement quotidien (DA, PEP, AFE), activité physique, suivi en centre spécialisé.

Atélectasie / collapsus pulmonaire

De quoi s’agit-il : Affaissement d’une zone du poumon, dont les alvéoles ne contiennent plus d’air : bouchon muqueux, compression ou immobilité. Fréquent après une opération.

Signes : Dyspnée, toux, baisse de la saturation, fièvre, ventilation diminuée sur une zone.

Rôle du kiné : EDIC, spirométrie incitative, positionnement, AFE, mobilisation précoce.

Pneumothorax

De quoi s’agit-il : Air entre le poumon et la paroi du thorax : le poumon se rétracte. C’est une urgence médicale.

Signes : Douleur thoracique brutale, essoufflement soudain.

Rôle du kiné : Aucune kinésithérapie en phase aiguë. Rééducation possible après prise en charge médicale.

Fibrose pulmonaire

De quoi s’agit-il : Cicatrisation progressive du tissu pulmonaire : les poumons deviennent rigides et leur volume diminue.

Signes : Toux sèche, essoufflement à l’effort, baisse d’oxygène.

Rôle du kiné : Réentraînement à l’effort adapté, ventilation, gestion de l’oxygène, éducation.

Pneumonie et pleurésie

De quoi s’agit-il : La pneumonie est une infection du poumon ; la pleurésie est un épanchement de liquide autour du poumon qui limite son expansion.

Signes : Fièvre, toux, douleur thoracique, essoufflement.

Rôle du kiné : Récupération de l’expansion thoracique après la phase aiguë, désencombrement si besoin.

Pathologies pariétales et neuromusculaires

De quoi s’agit-il : Scoliose, obésité, spondylarthrite, maladies neuromusculaires : la cage thoracique ou les muscles limitent la respiration.

Signes : Respiration superficielle, toux faible, fatigue respiratoire.

Rôle du kiné : Mobilité thoracique, renforcement des muscles respiratoires, aide à la toux.

Post-COVID et post-réanimation

De quoi s’agit-il : Essoufflement et fatigue persistants, parfois avec une faiblesse musculaire respiratoire.

Signes : Dyspnée à l’effort, fatigue, baisse de tolérance à l’effort.

Rôle du kiné : Reprise très progressive de l’effort, ventilation dirigée, renforcement musculaire.

Les techniques

Techniques de kinésithérapie respiratoire

ELTGOL

Principe : Expiration lente totale à glotte ouverte en décubitus latéral : le poumon à drainer est placé en bas, l’expiration part de la capacité résiduelle fonctionnelle jusqu’au volume résiduel, avec appui du kiné.

Indications : Encombrement des bronches moyennes et distales : BPCO, dilatation des bronches, mucoviscidose.

ELPr

Principe : Expiration lente prolongée : pressions manuelles thoraco-abdominales lentes, de la fin d’une expiration spontanée jusqu’au volume résiduel. Technique du nourrisson et du jeune enfant.

Indications : Encombrement bronchique du nourrisson, en kinésithérapie pédiatrique.

AFE

Principe : Augmentation du flux expiratoire, lente (AFL) ou rapide (AFR), guidée par les mains du kiné pour mobiliser les sécrétions vers la trachée.

Indications : Encombrement proximal (AFR) ou moyen (AFL), enfant et adulte.

Drainage autogène (DA)

Principe : Technique réalisée par le patient lui-même : respiration contrôlée à trois niveaux de volume pulmonaire pour décoller, rassembler puis évacuer les sécrétions.

Indications : Mucoviscidose, dilatation des bronches, BPCO encombrante.

EDIC

Principe : Exercice à débit inspiratoire contrôlé : inspiration lente et profonde, souvent en décubitus latéral, avec pause télé-inspiratoire pour ventiler une zone peu aérée.

Indications : Atélectasie, hypoventilation localisée, dépôt d’aérosol.

Toux dirigée et toux provoquée

Principe : Toux contrôlée ou « huffing » pour évacuer les sécrétions arrivées dans les grosses bronches.

Indications : Dernier temps du désencombrement, patient actif.

PEP, Flutter, Acapella

Principe : Dispositifs qui créent une pression expiratoire positive, avec ou sans oscillations : les bronches restent ouvertes et le mucus se fluidifie.

Indications : BPCO, dilatation des bronches, mucoviscidose, asthme chronique.

Lèvres pincées et respiration diaphragmatique

Principe : Expiration freinée par les lèvres et respiration abdominale pour ralentir le rythme et limiter l’affaissement des bronches.

Indications : Dyspnée de la BPCO et de l’emphysème, gestion de l’effort.

Spirométrie incitative et ventilation dirigée

Principe : Un incitateur visuel guide des inspirations lentes et profondes pour réexpandre le poumon.

Indications : Prévention des atélectasies après chirurgie, immobilisation, post-COVID.

Aide instrumentale à la toux

Principe : Insufflateur-exsufflateur (type Cough Assist) qui simule une toux efficace quand les muscles sont faibles.

Indications : Maladies neuromusculaires, toux inefficace.

Réentraînement à l’effort

Principe : Programme progressif d’endurance et de renforcement musculaire, avec surveillance de l’essoufflement et de la saturation en oxygène.

Indications : BPCO, post-COVID, fibrose, reprise du sport, maladies cardiaques stables.

Éducation thérapeutique

Principe : Comprendre sa maladie, ses traitements et ses signes d’alerte, et savoir adapter son activité.

Indications : Toutes les pathologies chroniques.

Expiration lente, glotte ouvertePoumon à drainer en bas (infralatéral)Appui du kiné
ELTGOLPosition latérale, poumon à drainer en bas.
CPTCRFVR1 · Décollement2 · Rassemblement3 · Évacuation
Drainage autogèneTrois phases à des volumes pulmonaires croissants.
RapideInspiration lente et contrôléePauseExpirationDébit en fonction du temps
EDICInspiration lente et pause télé-inspiratoire.
Les dispositifs

Les appareils de rééducation respiratoire

Ces dispositifs complètent le travail manuel du kinésithérapeute : ils aident à désencombrer, à ventiler et à entraîner les muscles respiratoires. Le choix et le réglage se font après un bilan.

Acapella

Principe : Une valve et un levier créent des oscillations pendant l’expiration : le mucus se fluidifie et se décolle. La résistance se règle avec une molette.

Indications : Bronchite chronique, dilatation des bronches, mucoviscidose, BPCO.

Flutter

Principe : Une bille dans un cône vibre pendant l’expiration. L’inclinaison de l’appareil modifie la fréquence des oscillations.

Indications : Encombrement bronchique chronique.

Masque PEP / Bubble PEP

Principe : L’expiration contre une résistance maintient les bronches ouvertes. Le Bubble PEP utilise l’eau d’un flacon comme résistance.

Indications : BPCO, asthme, encombrement, atélectasie.

Voldyne

Principe : Le patient inspire lentement pour faire monter un piston jusqu’à un volume cible, puis garde l’air 3 à 5 secondes. Le retour visuel motive et mesure les progrès.

Indications : Post-opératoire, prévention des atélectasies, immobilisation, post-COVID.

Triflo

Principe : Trois billes à soulever par une inspiration lente et profonde : un repère simple pour contrôler le débit inspiratoire.

Indications : Post-opératoire, reprise de la ventilation profonde.

Threshold IMT / POWERbreathe

Principe : Une valve à ressort impose une charge à l’inspiration. La résistance est réglée selon la pression inspiratoire maximale.

Indications : BPCO, post-COVID, déconditionnement respiratoire, sportifs.

Insufflateur-exsufflateur (Cough Assist)

Principe : Une pression positive gonfle les poumons, puis une aspiration brusque simule une toux efficace.

Indications : Maladies neuromusculaires, toux inefficace.

Chambre d’inhalation

Principe : Elle améliore le dépôt du médicament dans les bronches avec les aérosols doseurs.

Indications : Asthme, BPCO.

Important : ces dispositifs s’utilisent avec une technique précise et un nettoyage régulier. Apprenez-les avec votre kinésithérapeute avant de les utiliser seul.
Récapitulatif

Les techniques en un coup d’œil

TechniqueModeNiveau d’actionPathologies
ELTGOLActif / assistéBronches moyennes et distalesBPCO, DDB, mucoviscidose
ELPrPassifBronches distalesNourrisson, encombrement
AFE lent / rapideActif / assistéMoyennes / proximalesTous encombrements
Drainage autogèneActifDistales à proximalesMucoviscidose, DDB, BPCO
EDICActifVentilation régionaleAtélectasie, hypoventilation
Toux dirigéeActifTrachée, bronches souchesDernier temps du drainage
PEP / FlutterInstrumentalToutes les voies aériennesBPCO, DDB, asthme
Spirométrie incitativeInstrumentalVentilation globalePost-opératoire
Cough AssistInstrumentalToux assistéeNeuromusculaire
Protocole

Le drainage autogène, pas à pas

Réalisé en position assise, avec une respiration calme par le nez à l’inspiration, une pause en fin d’inspiration et une expiration à glotte ouverte.

1 · Décollement

Respiration à bas volume pulmonaire, expirations lentes pour décoller le mucus des petites bronches.

2 · Rassemblement

Respiration à volume courant moyen pour pousser le mucus vers les bronches moyennes.

3 · Évacuation

Respiration à haut volume, puis expirations plus amples et toux douce pour expectorer.

Séance type

Une séance de rééducation

Bilan

Spirométrie, saturation, dyspnée (échelle de Borg), test de marche.

Ventilation

Contrôle de la respiration, relâchement, posture.

Désencombrement

Technique choisie selon la pathologie.

Réentraînement

Vélo, marche, renforcement : intensité progressive.

Éducation

Conseils, auto-drainage, signes d’alerte.

Volet cardiaque

Le cœur aussi

❤️

Après un infarctus ou une chirurgie cardiaque

Reprise progressive de l’activité, sous avis du cardiologue.

💓

Insuffisance cardiaque stable

Réentraînement adapté, surveillance de la tension, du pouls et de l’essoufflement.

🩺

Prévention

Hypertension, fatigue à l’effort, reprise du sport après une pathologie cardiaque.

Précautions : la rééducation cardiaque se fait uniquement avec un avis médical et un état stable. Signes d’alerte à l’effort : douleur thoracique, malaise, essoufflement brutal, palpitations : arrêter et consulter.
Précautions

Quand être prudent ?

⚠️

Pneumothorax non drainé

Aucune kinésithérapie respiratoire en phase aiguë.

🩸

Hémoptysie abondante

Crachats de sang importants : avis médical urgent.

🫀

Décompensation cardiaque

Œdème pulmonaire, essoufflement au repos : urgence.

🌡️

Fièvre ou infection aiguë

Technique adaptée à la phase de la maladie, avec avis médical.

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il une prescription ?

Pour une prise en charge remboursée, une prescription médicale est en général nécessaire. Elle précise la pathologie et le nombre de séances.

Combien de séances ?

Cela dépend de la pathologie : quelques séances pour un encombrement aigu, un programme de plusieurs semaines pour le réentraînement.

Peut-on apprendre le drainage autogène ?

Oui, c’est même son objectif : vous apprendre à vous désencombrer seul, au quotidien.

La rééducation respiratoire est-elle douloureuse ?

Non, les techniques sont adaptées à votre respiration. Une fatigue après l’effort est possible.

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